90 ans de l'Armée du Salut en Autriche

90 ans de l'Armée du Salut en Autriche

© Florence Stoiber / Libre de droits

Pour les festivités du 11 mai, le Général André Cox et sa femme, la commissaire Silvia Cox, étaient présents. Compte-rendu de la fête.

Conférence de presse sur le thème du logement

Le matin, la presse était au rendez-vous pour une orientation sur le travail de l'Armée du Salut dans le monde (Général André Cox), en Autriche (major Hans-Marcel Leber, City Commander à Vienne) et à Vienne (Ulrike Knecht, responsable du programme d'accompagnement au logement MOWO à Vienne).

Le Général a souligné la mission intégrée de l'Armée du Salut : « Les gens se demandent si nous représentons une œuvre caritative  ou une église. A vrai dire, nous sommes tout cela. » Il rappelait que l'Armée du Salut représentait un groupe de personnes prêt à remonter les manches et à agir là où il y en a besoin, surtout en cas de crises comme l'Europe l’a vécu à l'arrivée de milliers de réfugiés. Cet engagement pour les plus démunis est motivé par la foi. Ainsi, en ce jour de fête, André Cox appelle à ne pas rester focalisé sur le passé, mais d'agir aujourd'hui : « Si nous regardons le monde autour de nous, il n'y a pas de fin en vue pour le travail de l'Armée du Salut. »

A Vienne, l'Armée du Salut est particulièrement présente dans le domaine du logement. Elle offre des places de logement pour des personnes ayant des déficiences psychiques, mais aussi des dépendances diverses. Elle accompagne les personnes qui retournent dans un logement individuel. Elle offre du conseil pour des personnes qui habitent seules, mais rencontrent des difficultés de temps en temps. Elle est en train de créer des colocations accompagnées destinées aux alcooliques abstinents. Tout cet engagement est possible grâce à une collaboration étroite avec la ville de Vienne.

Cependant, Ulrike Knecht lance un appel au secours : la ville doit impérativement offrir plus de logements subventionnés et cesser de privatiser le marché du logement. Le calcul est vite fait : accompagner des personnes dans un logement individuel revient nettement moins cher que d'héberger une personne dans une structure stationnaire. C'est en effet plus compliqué de retrouver un logement, une fois qu'on l'a perdu.

L'Armée du Salut  en Autriche est contente de l'écho médiatique : outre les chaînes religieuses, la chaîne nationale ORF a diffusé l'appel.

Retrouvez ici les photos de la conférence de presse.

Culte nostalgique

Par un temps ensoleillé et agréable, aux rythmes d'un petit ensemble de Brass venu de Suisse et de Hongrie, la fête s’est poursuivie au Foyer « Haus Erna » de l'Armée du Salut qui héberge 60 personnes. Cet après-midi, il s'agit de remercier Dieu pour son travail à travers l'Armée du Salut en Autriche. Des officiers à la retraite, qui ont contribué à ce travail, en témoignent. « Aujourd'hui encore, Dieu nous appelle comme il a appelé Paul, comme nous le lisons dans la Bible. » Dans sa prédication, la commissaire Silvia Cox nous encourage à suivre cet appel et à être fidèle dans la mission que Dieu nous confie. Et qui consiste en cela :

Annoncer une bonne nouvelle aux pauvres,

Guérir ceux qui ont le cœur brisé,

Proclamer la délivrance aux captifs,

Et aux aveugles le recouvrement de la vue,

Renvoyer libres les opprimés,

Publier une année de grâce du Seigneur.

La Commissaire affirme : « Ma prière est que nous puissions dire un jour, comme Paul, que nous avons obéi à cet appel. »

Outre des moments de chants et discours de remerciements, le Général André Cox dévoile une plaque commémorative en l'honneur de la major Erna Kissuth qui a servi bien au-delà de l'âge de la retraite et contribué de toutes ses forces au travail de l'Armée du Salut en Autriche.

Retrouvez les photos du culte nostalgique ici.

Soirée festive

Le soir, rendez-vous festif dans une belle salle pour une soirée musicale (ensemble de cuivres de Suisse et de Hongrie sous la direction de Mikaël Dikantsa), de témoignages (Marcel Bürgi), de souvenirs (major Hans-Marcel Leber, qui est depuis 29 ans au service de l'Armée du Salut à Vienne), de théâtre (major Heidi Oppliger, responsable du Poste de Vienne), de débats (avec les partenaires de la ville de Vienne ainsi que les responsables des Eglises en Autriche) et de moments conviviaux autour des grillades ainsi - bien sûr - qu'un beau gâteau d'anniversaire.

Parmi les invités : le Général André Cox et sa femme, la commissaire Silvia Cox, les commissaires Massimo et Jane Paone, les responsables et collaborateurs de l'Armée du Salut en Autriche ainsi que leurs familles, les membres du Poste de Vienne, les partenaires professionnels, des représentants d'autres Eglises, des artistes, des civilistes et des résidents des différentes institutions de l'Armée du Salut à Vienne.

Dans son discours, le Général André Cox appelle à faire aujourd'hui la différence dans ce monde. « Si nous fêtons cet anniversaire, faisons-le dans l'esprit d'apprendre du passé et des personnes qui nous précèdent. » Il encourage à prendre l'exemple des officiers Adolf et Erna Kissuth ainsi que de la sœur d'Adolf Kissuth, Rosa Kissuth, dont le travail pionnier en Autriche fut exemplaire. Il mentionne Thora Wärme, une officière suédoise courageuse qui ne quitta pas Vienne, alors que l'Armée du Salut était interdite par les nazis et que les autres officiers rentraient dans leurs pays à l'aube de la Seconde Guerre mondiale. Non seulement enrôlait-elle des soldats de l'Armée du Salut pendant ces temps difficiles, mais elle prenait aussi de grands risques en s'occupant des plus démunis. La Croix Rouge, arrivant à Vienne à la fin de la guerre, tombait sur une femme qui distribuait de la soupe aux personnes sans abri et partageait le peu qu'elle avait avec les pauvres. Conclusion du Général qui nous encouragera pour les années à suivre :

« Une personne qui croit et agit peut avoir un impact énorme. »